HVE : La certification collective se met en place

En décembre 2019, Noriap a initié une démarche de certification collective autour de la HVE (« Haute Valeur Environnementale »). Réalisé en février dernier, l’audit a permis de valider 63 exploitations sur la certification environnementale de niveau 2, et 4 exploitations en HVE 3. La totalité des exploitations engagées a réussi l’examen de passage…

100% de réussite ! 

Ce score récompense la démarche de certification collective engagée par Noriap auprès de ses producteurs, fin 2019. Il aura fallu un an pour concrétiser, et valider le niveau 2 pour 63 exploitations, et le niveau ultime « HVE » pour 4.

Comment ca marche ? Réponse rapide en vidéo. 

 

Un bon début, pour Estelle Cleuet responsable du service OAD et certifications pour la coopérative : « La certification HVE s’inscrit pour les agriculteurs dans une démarche de progrès et d’anticipation par rapport notamment à la prochaine réforme de la PAC ou pour accéder à de futurs marchés. Nous avons pour objectif de doubler les certifications de niveau 2 l’an prochain et de passer à 10 la certification de niveau 3 selon les demandes. »

La certification environnementale est en constante progression au niveau français : + 52% sur les 6 premiers mois de l’année 2020. Cette montée en puissance, illustre l’engagement d’un nombre croissant des exploitations agricoles dans la transition écologique. Le Gouvernement a d’ailleurs fixé des objectifs chiffrés ambitieux dans le plan Biodiversité avec 15 000 exploitations certifiées HVE en 2022 et 50 000 en 2030.

 

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HVE, future PAC et marché

Dans ce contexte, il est également évoqué l’intégration de cette certification environnementale lors de la prochaine PAC. Des filières HVE se mettent également en place localement : baguette locale, cidre… Sur la zone Noriap, les filières HVE ne sont pas encore en place, mais les principaux clients positionnent leur cahier des charges sur le socle de la certification environnementale : « Dans un premier temps, et en plus de nombreux cahiers des charges que détient Noriap pour les clients privés, l’obtention de productions issues de cahiers des charges HVE pourrait nous permettre d’accéder à de nouveaux marchés. Nous essaierons dans un second temps de valoriser cet accès. », explique Philippe Florentin, Directeur
Général Adjoint en charge de la Commercialisation pour Noriap.

 

Fertilisation, gestion des risques, biodiversité & gestion de l’eau

Lors de la campagne 2020, Noriap a accompagné 63 exploitations pour la certification environnementale de niveau 2, et 4 exploitations en certification Haute Valeur Environnementale : « Pour le niveau 2, lors d’un premier rendez-vous, nous questionnons les agriculteurs sur leurs pratiques de fertilisation : calcul du plan de fumure azotée, utilisation d’OAD, gestion des effluents d’élevages, gestion du phosphore. Puis sur la gestion des risques parasitaires et adventices : choix des variétés, conduite culturale, utilisation d’OAD… Une discussion est également engagée sur les éléments de biodiversité présents sur l’exploitation (haie, jachère…). Enfin pour les exploitations irrigantes, nous réalisons un point sur la gestion de l’eau. Lors de ce RDV, nous visitons les infrastructures de l’exploitation, notamment le local phytosanitaires et les zones de stockages (fuel, engrais…). La visite du local permet de faire le point avec l’agriculteur sur les aspects réglementaires, pratiques et sécuritaires sur le classement des produits à l’intérieur du local », détaille Magaly Cottenceau, chargée de mission certification chez Noriap.

 

 

« La certification environnementale permet aux agriculteurs de prendre conscience qu’ils sont quasi tous au niveau 2… » 

L’ensemble de ces échanges permet de mettre en place des axes d’amélioration sur l’exploitation agricole et de soulever les points positifs. Les principales pistes d’amélioration pour ce niveau sont d’une part de bien renseigner sa traçabilité (cibles, motivations, rendement, intercultures, irrigation…) et la réalisation d’un plan de fumure phosphore. L’utilisation d’un outil de traçabilité comme Smag Farmer permet de facilement collecter ces données dans le cadre de l’audit et du suivi. Le raisonnement des interventions par des OAD sont également importants dans l’approche globale de l’exploitation. « La certification environnementale permet aux agriculteurs de prendre conscience qu’ils sont quasi tous au niveau 2, et que pour atteindre le niveau 3, quelques améliorations sont nécessaires. » explique Magaly Cottenceau.

 

Certification environnementale de niveau 3

Témoignage

Antoine DESAINT est agriculteur à Bretteville-Saint-Laurent (76) en polyculture élevage et maraîchage. Il vient d’obtenir la certification Haute Valeur Environnementale : 
« Je viens d’obtenir avec succès la certification HVE pour mon exploitation. Noriap m’a accompagné dans cette démarche, de la demande, en passant par l’audit, jusqu’à la certification. L’HVE est un véritable atout pour la commercialisation de mes légumes. De plus en plus demandée par les GMS, elle nous donne plus de poids et de pouvoir de négociation avec les clients face aux concurrents non certifiés.
Il n’y a pas de typologie particulière pour accéder à la certification HVE. Me concernant, la part de prairies dans ma SAU m’a fait gagner des points dans l’item de la biodiversité. »

 

Pour la certification environnementale de niveau 3, obligation de résultat oblige, il s’agit de faire un état précis des éléments de biodiversité (mètres linéaires de haie, lisière de bois, surface en jachère…) :

« sur la thématique fertilisation, nous calculons la balance globale azotée de l’exploitation ; sur la thématique phytosanitaire, ce sont le calcul des Indices de Fréquence de Traitements (IFT) qui sont réalisés ; et sur la thématique de l’irrigation, nous prenons les quantités d’eau utilisées. Pour ces trois dernières thématiques, les outils de pilotage sont des éléments qui permettent d’augmenter le nombre de points nécessaires dans chaque thématique », précise Magaly Cottenceau.

Ce calcul se fait en amont et permet de faire un premier état des lieux sur le nombre de points obtenus. Il permet surtout de définir un plan d’action et de mettre en place des leviers pour obtenir cette certification environnementale. C’est notamment dans cette optique que les groupes Opti Lab ont été créés : pour permettre aux agriculteurs, dans le cadre de groupes d’expérimentation participatifs, de travailler sur les différents leviers, et leur mise en pratique à l’échelle de leur exploitation. Une manière de mettre le pied à l’étrier, sans engagement et chacun à son rythme…

« A terme, le HVE permettra à l’agriculteur céréalier d’obtenir une plus-value sur ses marchandises. Aujourd’hui ceci est vrai pour le secteur du maraîchage, de la viticulture, de l’élevage et de l’arboriculture » conclut Magaly Cottenceau.

 

 

 

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