ESCOURGEON : faire face aux résistances des maladies

Les fongicides de la famille des triazoles ou strobilurines ont été à la base de la protection des escourgeons et orges d’hiver depuis plus de 4 décennies. Ces produits font face à une érosion de leur efficacité, et à une résistance avérée de l’helminthosporiose, la maladie la plus préjudiciable sur cette culture. Nous vous proposons quelques clés pour limiter ce phénomène. 

La résistance de l’helminthosporiose est avérée

Triazoles, strobilurines, et plus récemment SDHI : toutes ces familles de fongicides homologués sur escourgeons et orges d’hiver sont concernés par une érosion de leur efficacité.  

Pour vous donner un ordre d’idée : dans les essais Noriap, la CI50* des SDHI sur helminthosporiose a été multipliée par 21 depuis 6 ans !  Cette mesure indique la quantité de substance nécessaire pour inhiber a moitié la maladie. 

*Concentration Inhibitrice médiane 

Les fongicides, c’est pas automatique! 

Tout le monde a encore en tête la fameuse campagne de publicité: « les antibiotiques, c’est pas automatique ». Et bien pour protéger et maintenir l’efficacité des matières actives encore disponibles sur nos cultures, le principe est le même. Pour éviter qu’une maladie ne devienne résistante à une famille de fongicides ou un mode d’action, l’enjeu est d’utiliser celui-ci le moins possible et surtout pas plus d’une fois au cours d’une même saison culturale.

3 leviers à conjuguer pour limiter les résistances:

  • Utiliser la tolérance variétale : il s’agit d’un des leviers les plus puissant pour diminuer les traitements contre les maladies de l’orge et autres cultures. Même si cette technique n’est pas toujours durable et nécessite un renouvellement régulier des variétés. Aujourd’hui des variétés telles que KWS FARO, JETTO, ou TEKTOO présentent un niveau de tolérance à l’helminthosporiose qui permet d’économiser le premier traitement contre cette maladie. 
  • Utiliser un modèle de prévision, un outil d’aide à la décision : ces services permettent d’intervenir de manière plus raisonnée, juste lorsque cela est nécessaire. Avizio modèle déjà disponible pour les maladies du blé, devrait être disponible à terme pour les maladies des orges.
  • Associer des fongicides à mode d’actions différents sur une même maladie.

Contre les maladies des escourgeons/orge d’hiver, les agriculteurs disposent de 5 familles chimiques et modes d’action différents pour composer un programme de traitement :

 

tableau famille chimique 2

Pour limiter le phénomène de résistance et conserver une efficacité durable des produits, deux règles sont à respecter :

  • Associer des familles chimiques différentes lors d’un même traitement,
  • Éviter d’utiliser la même famille chimique deux fois dans le même programme de traitement : alterner

Le respect de ces deux règles permet de conserver l’efficacité dans le temps des matières actives utilisables sur une culture.

Exemple de programme de traitement possible respectant ces règles :

  • Premier traitement 2 nœuds : UNIX MAX + MELTOP ONE
  • Deuxième traitement au stade apparition des barbes : ELATUS ERA + AMISTAR

Les solutions de biocontrôle sont-elles efficaces sur escourgeons ?

Encore peu utilisés à ce jour sur escourgeon, nous avons pu noter une efficacité de Heliosoufre S sur l’helminthosporiose et la rynchosporiose de l’ordre de 15%, associé à un produit de contact multisite non concerné par les soucis de résistances. Certes, l’efficacité est loin des références classiques, mais ce produit peut contribuer à la durabilité des solutions s’il est intégré dans un programme de traitement.


ZOOM sur l’HELMINTHOSPORIOSE de l’orge 

helmintho-sur-orge-1Helminthosporiose sur escourgeon – © Philippe Pluquet

Cette maladie cause des pertes de rendement importantes à très importantes sur l’escourgeon : de 25 à 35 Qx pour une forte attaque ainsi qu’une dégradation de la qualité, notamment le poids spécifique qui peut baisser de 7 à 10 Kg/hl.

L’helminthosporiose est une des maladies les plus dommageables des escourgeon-orge d’hiver et orge de printemps.

La contamination initiale est possible à partir des spores sur les résidus de récolte ou par des semences infectées. Il faut être très vigilant dans les cas d’utilisation de semences fermières.

Elle à lieu si la température du sol est inférieure à 8°C, au moment de la germination.

Les sols froids et humides à la levée et en début de croissance favorisent la maladie.

Suite à ces contaminations initiales, le vent joue un rôle important dans la dissémination de la maladie.

L’optimum du développement de l’helminthosporiose en reprise de végétation et pendant la montaison a lieu quand les températures sont entre 12 et 16° C, l’humidité sur la végétation est également un facteur favorable. Elle va plus ou moins se développer au printemps en fonction de ces facteurs et de la sensibilité de la variété.

 

 


 

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