Avec TRANSITIONS, « adapter mon exploitation aux réalités climatiques »Sur la SCEA du Clercy, à Goderville (76), Frédéric Malo a choisi d’engager l’ensemble de son exploitation dans le programme TRANSITIONS. Son objectif n’est pas de modifier à la marge ses pratiques, mais d’adapter son système pour continuer à produire durablement, sécuriser sa ferme face aux aléas climatiques, renforcer sa résilience agronomique et répondre aux attentes de son territoire. Son engagement s’inscrit dans une réflexion de fond sur l’avenir de son exploitation. 📽️🎬 Découvrez Frédéric Malo en vidéo 🎬📽️ https://youtu.be/uloIGzW0aQM L’exploitation couvre 220 hectares. Blé, colza, lin, betteraves sucrières, orge, pommes de terre, féveroles composent un assolement diversifié. Toutes ses pommes de terre sont commercialisées en circuits courts dans un rayon d’une centaine de kilomètres. Mais depuis plusieurs années, Frédéric Malo observe des évolutions très concrètes. Des constats de terrain qui poussent à évoluer Son premier constat est climatique. Il ne parle pas seulement de réchauffement, mais de dérèglement des saisons : des périodes humides plus intenses, des périodes sèches plus marquées. Ses sols doivent pouvoir absorber ces extrêmes. « Il nous a paru important de réagir et de faire évoluer nos pratiques pour que nos sols soient plus à même d’accueillir ce temps, et ne pas se retrouver soit inondés, soit en manque d’eau », explique-t-il. Le second point concerne la dépendance aux engrais d’origine étrangère. Le contexte géopolitique récent a renforcé cette prise de conscience : réduire cette dépendance et mieux valoriser les ressources présentes sur l’exploitation devient un enjeu stratégique. Enfin, la diminution des périodes de gel favorise la survie de certains ravageurs. Cela l’amène à rechercher d’autres leviers agronomiques pour maintenir l’équilibre de ses parcelles. Ces constats l’ont conduit à prendre du recul. Au second semestre 2024, il s’engage dans la Convention des Entreprises pour le Climat (CEC) Agri-Agro pour réfléchir à son exploitation à dix ans. Ce travail de projection l’amène logiquement, dans la continuité, à rejoindre le programme TRANSITIONS by Noriap en décembre 2025. Un cadre pour transformer son système à l’échelle de toute l’exploitation TRANSITIONS by Noriap est la déclinaison régionale du programme TRANSITIONS sur les territoires des Hauts-de-France et de la Seine-Maritime. Le dispositif accompagne des agriculteurs volontaires vers une agriculture bas carbone, plus résiliente, favorable aux sols et à la biodiversité. Construit sur une base scientifique précise, le programme repose sur un socle agronomique, suivi dans la durée, avec un diagnostic initial, un plan d’action et un suivi de 4 indicateurs liés notamment aux sols (durée de couverture et quantité de carbone humifié restituée), au climat (émissions de gaz à effet de serre) et à la biodiversité (certification environnementale). Ce programme n’est donc pas un cahier des charges, mais un tableau de bord utile à l’agriculteur pour mesurer ses progrès. Pour Frédéric, cet engagement ne peut se concevoir qu’à l’échelle de l’exploitation entière. « Avec ce programme, nous allons être accompagnés par Noriap dans cette évolution, avec une vision bien claire et commune de ce qu’on veut atteindre et comment l’atteindre. » Sur le terrain, cet accompagnement se traduit par un travail régulier avec Pierre Delamare, technicien Noriap. Les décisions sont prises en cohérence avec le projet global de la ferme, avec un objectif clair : faire évoluer les pratiques tout en sécurisant les rendements et en maîtrisant le risque économique. Rendre visible une démarche engagée Frédéric souhaite pouvoir expliquer sa démarche à ses clients en circuit court. Non pas comme un argument commercial, mais comme la continuité logique de son travail agronomique. Il envisage d’ouvrir davantage son exploitation pour montrer concrètement ses choix, ses pratiques et les objectifs qu’il s’est fixés. Une vision collective et de long terme Au-delà de sa propre ferme, Frédéric réfléchit déjà à l’échelle du territoire. La biodiversité, la gestion de l’eau, la résilience des sols sont des sujets qui dépassent les limites d’une seule exploitation. « J'espère qu'on pourra lancer des choses avec nos voisins pour progresser à l'échelle de plusieurs exploitations. » À dix ans, il se fixe un cap : réduire de 50 % sa dépendance aux engrais minéraux, diminuer l’usage des produits phytosanitaires et améliorer durablement la vie de ses sols. Les indicateurs de suivi sont en cours de définition, mais la trajectoire est clairement engagée. Pour mieux comprendre le programme TRANSITIONS by Noriap, un article dédié en détaille le fonctionnement et les principes : Lire l'article
Progresser sur la pérennité des sols et des exploitations avec TRANSITIONSTRANSITIONS est le premier programme à impact à grande échelle en France et en Europe. Ce n’est pas un cahier des charges, c’est un socle de performance et de progrès. Noriap a dupliqué le programme TRANSITIONS en février 2025 avec l’objectif d’accompagner 250 adhérents-coopérateurs d’ici à 2028. Benoît Minard, administrateur Noriap, a rejoint TRANSITIONS by NORIAP pour entretenir son sol dans un objectif à long terme de pérenniser son exploitation. « Le sol est au cœur de TRANSITIONS, indique Bastien Sachet, PDG de Earthworm lors du séminaire annuel de TRANSITIONS qui a eu lieu le 2 octobre 2025 au campus UniLaSalle de Beauvais (60). Le challenge pour l’agriculteur est de nourrir la faune et la flore du sol, mais aussi de nourrir les consommateurs. L’objectif de TRANSITIONS est d’accompagner l’effort initial dû à un réinvestissement dans le sol. Des leviers simples existent comme l’implantation de couverts. » Le sol fait partie des 4 piliers du programme TRANSITIONS by NORIAP avec le climat, la biodiversité et l’eau. Table ronde avec des témoignages d'agriculteurs engagés dans la démarche TRANSITIONS. Photo : Axel Coeuret Sur le pilier eau, la coopérative Noriap s’est rapprochée de la Chambre d’Agriculture de Seine-Maritime pour créer des synergies dans un accompagnement technique partagé. La qualité de l’eau est un enjeu majeur pour ce département qui compte 20 bassins de captage prioritaires, dont trois sur lesquels démarreront les travaux dans le cadre du partenariat entre Noriap et la Chambre d’agriculture 76. La lutte contre l’érosion et le ruissellement, la gestion des intrants,… sont autant de leviers mobilisés par TRANSITIONS by NORIAP. Rappelons que ce programme structurant d’agriculture régénérative est basé sur un socle agronomique rigoureux, certifiable, et piloté par des données mesurées à l’échelle de chaque exploitation (durée de couverture des sols, réduction des émissions de GES, carbone humifié restitué au sol et certification environnementale). Son objectif est de dérisquer l’engagement des agriculteurs dans la transition, en leur garantissant une rémunération incitative grâce à des primes filières pendant 3 ans, versées par une coalition d’industriels partenaires (Tereos, Grands Moulins de Paris, Novial, Cocorette). Zoom sur Benoît Minard, adhérent Noriap engagé dans TRANSITIONS by NORIAP : Benoît Minard, agriculteur en Seine-Maritime (76) et administrateur Noriap a rejoint TRANSITIONS by NORIAP. Installé en 2017, son exploitation est située sur des terres inondables. Benoît Minard a redécouvert des qualités à la biodiversité et aux cultures. « L’objectif de mon installation est de pérenniser mon exploitation, explique-t-il. Ma priorité est d’entretenir mon outil de travail, le sol. » Il a dû s’adapter en diversifiant son assolement. Désormais, il y a une douzaine de cultures sur son exploitation qui compte 200 hectares. « L’euro qu’on gagne, c’est l’euro qu’on ne dépense pas », ajoute-t-il. Quand il sort dans ses champs, il se doit d’être efficace. Il s’appuie sur des OAD pour le suivi de la santé des végétaux comme Xarvio ou le pilotage de la fertilisation azotée avec Farmstar. Cela a nécessité des investissements dans un système de GPS et un épandeur à engrais. Mais il économise des quantités d’azote et des produits de protection des plantes. « Nous avons redécouvert des qualités à la biodiversité et aux cultures. TRANSITIONS est la reconnaissance du travail de mon père. Je suis aussi accompagné par ma coopérative et je suis confronté à d’autres agriculteurs. » https://youtu.be/HF86SNUbqRs Zoom sur Jérémy Ortillon, agriculteur coopérateur VIVESCIA engagé dans TRANSITIONS by VIVESCIA : Jérémy Ortillon, agriculteur en Haute-Marne (52) et associé coopérateur VIVESCIA, coopérative du quart Nord Est de la France, fait partie de la 2ème promotion du programme TRANSITIONS by VIVESCIA. Depuis deux ans, il sème un couvert de trèfle, vesce et fenugrec dans ses colzas. Après la récolte du colza, le trèfle est toujours présent pour capter le CO2 et l’azote pour le restituer au sol. Puis il implante du blé sur le trèfle broyé. « Le trèfle est là en soutien, explique Jérémy Ortillon. C’est difficile d’implanter deux cultures en même temps sans être en concurrence. Je teste, j’apprends, ... Je confronte mes expériences avec les autres agriculteurs de la promotion. » C’est aussi ça le programme TRANSITIONS.
Enguerrand Heu : le pari de la diversification en maraîchage et vente directeInstallé à Sommereux, dans l’Oise, Enguerran Heu poursuit une tradition familiale de maraîchage, notamment la culture de fraises qui perdure depuis plus de 40 ans. À la tête d’une ferme de polyculture-élevage depuis 8 ans, il a su faire évoluer l'exploitation en développant un atelier maraîcher structuré et ambitieux, complété par une organisation tournée vers la vente directe à la ferme. Cette évolution, à la fois ancrée dans son attachement au terroir et guidée par sa passion du métier, répond aux enjeux actuels de diversification et de proximité avec les consommateurs, tout en valorisant des produits sains et locaux.
Chrononutrition : l’expertise Novial pour les élevages de pondeusesEn février 2026, les équipes de Novial ont échangé avec les éleveurs de poules pondeuses lors de réunions techniques dédiées aux enjeux majeurs de la filière : évolution réglementaire liée à la salmonelle, performance et persistance de ponte, management du matériel de volière et valorisation des céréales produites à la ferme. Les experts ont présenté la chrononutrition qui permet des économies d’aliments. Un sujet innovant qui va se développer sur le terrain avec les nouveaux bâtiments de poules pondeuses.
Avec TRANSITIONS, « adapter mon exploitation aux réalités climatiques »Sur la SCEA du Clercy, à Goderville (76), Frédéric Malo a choisi d’engager l’ensemble de son exploitation dans le programme TRANSITIONS. Son objectif n’est pas de modifier à la marge ses pratiques, mais d’adapter son système pour continuer à produire durablement, sécuriser sa ferme face aux aléas climatiques, renforcer sa résilience agronomique et répondre aux attentes de son territoire. Son engagement s’inscrit dans une réflexion de fond sur l’avenir de son exploitation.