Le champignon, une voie pour se diversifier

Pour compléter son activité agricole et occuper les mois d’hiver, Rémi Robillard, agriculteur à Camon (80), s’est lancée dans la production de champignons. Une diversification qui repose sur une organisation exigeante et un vrai savoir-faire, et qui permet de proposer un produit frais aux consommateurs locaux. 

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À l’origine, Rémi cultivait des endives, comme sa famille le faisait depuis 1947. Mais après plusieurs années difficiles, il décide de tourner la page et cherche une activité hivernale capable de maintenir l’exploitation en mouvement. C’est ainsi qu’il se tourne vers les champignons. 

« On a commencé sur le champignon brun de Paris. Pour développer un peu la gamme, on a aussi  testé les pleurotes pendant un an. Mais le flux manquait de régularité, entre une quantité phénoménale obtenue une semaine, et rien la suivante. Pour les clients, ça ne convenait pas. » explique-t-il. 

Rémi a donc choisi de se concentrer uniquement sur le champignon brun, pour garantir une production stable et de qualité. 

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L’installation de sa champignonnière représente un investissement de 40 000 €. La démolition et la reconstruction de l’ancienne salle d’endives ont pris six mois. Aujourd’hui, Rémi dispose de six salles accueillant douze bacs chacune, pour une production d’environ 300 kg par semaine. 

« On comprend l’expression ça pousse comme des champignons seulement quand on en fait pousser soi-même », ajoute-t-il avec un sourire. 

Les champignons poussent sur un substrat composé de fumier de cheval et de terreau, avec des semences provenant de Pepimat à Noyon, un partenaire historique de l’exploitation. La culture demande une surveillance régulière et une maîtrise des températures, de l’arrosage et de la qualité de l’air afin d’assurer l’hygrométrie nécessaire. 

Champignons

La commercialisation se fait via différents circuits : vente à la ferme, marchés locaux, revendeurs, restauration collective et casiers connectés. Lorsque la production dépasse les besoins, Rémi préfère redistribuer le surplus aux banques alimentaires et aux Restos du cœur. 

 

Un système de grandes cultures bien ancré 

Culture

En parallèle de la champignonnière, Rémi gère également un important atelier de grandes cultures : 110 hectares de blé, 40 hectares de betteraves, 40 hectares de pommes de terre fécules, environ 30 hectares de colza, un peu d’orge de printemps, et des féveroles. 

Toutes les céréales partent à la coopérative Noriap, les betteraves sont livrées chez Tereos, et les pommes de terre fécules sont destinées à la féculerie. 

Des cultures bien structurées, mais soumises aux aléas des marchés et du climat, ce qui renforce l’intérêt de diversifier l’activité avec la production de champignons. 

Pour autant, la fungiculture est elle aussi soumise à certains aléas techniques : champignons pathogènes, désinfectants trop agressifs pour les salles, difficultés de refroidissement selon la météo…  

 

Remi Robillard

 

Rémi développe également un maraîchage depuis 2013 sur environ 1 000 m². Il produit essentiellement des tomates, concombres et courgettes en serre, ainsi que des courges, potimarrons, butternuts et courges spaghetti en extérieur. 

Il cultive également des melons et des pastèques, un pari qu’il s’est lancé

« Quand nous avons testé la pastèque et le melon la première année, il a plu tout l’été, si bien que ça n’a pas marché. L’année suivante, il a fait chaud, c’était impeccable. » 

Les produits sont vendus via plusieurs circuits : vente à la ferme, magasins parisiens, restauration collective, casiers connectés et quelques restaurants.  

Pour Rémi, la diversification est une nécessité pour stabiliser l’activité agricole d’une année sur l’autre. Elle permet également d’occuper les périodes plus calmes sans dépendre uniquement des cultures classiques. 

 

Organisation et contraintes techniques 

 

La myciculture exige une rigueur constante. Chaque cycle dure environ 40 jours, avec des salles à différents stades : chauffage, arrosage, extraction d’air, maîtrise de l’humidité et de la température. 

La cueillette se fait en pied coupé pour garantir un produit propre, ensuite conditionné en plateaux de 3,5 kg.  

Champignonnière

Transmission et projets d’avenir

Rémi travaille aux côtés de son père, emploie un salarié permanent et un saisonnier expérimenté qui l’aide à la cueillette. La transmission familiale reste centrale dans son approche. 

« Mon but, c’est quand même aussi de rendre mes parents fiers de ce que je peux accomplir ! », confie-t-il. 

Ses projets continuent : tester de nouvelles variétés comme le shiitake, repenser les bâtiments pour améliorer le stockage, revoir l’irrigation… 

Rémi participe également au programme Transitions mené par Noriap* afin de s’adapter aux demandes des consommateurs et aux nouvelles exigences environnementales. 

« On était déjà HVE avec le maraîchage. Les exigences des consommateurs changent, alors il faut s’adapter. » 

 

* Transitions est un programme d’agriculture régénérative visant à accompagner les agriculteurs dans l’évolution de leurs pratiques en leur apportant des outils simples et concrets pour améliorer la performance de leurs sols, maîtriser les enjeux climat-eau, travailler sur la biodiversité et sécuriser durablement leurs productions.  

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