Lutter contre la rouille jaune sur blé

Parmi les 8 maladies* majeures qui peuvent attaquer les cultures de blé, il en est une qui est très différente des autres à tous points de vue : époque d’apparition, imprévisibilité, rapidité des dégâts, caractéristiques biologiques, capacité à contourner les résistances variétales …
Il s’agit de la rouille jaune. Une maladie qui pourrait nous amener à adapter les programmes de lutte.

La rouille jaune n’est plus une maladie occasionnelle

Favorisée par les hivers doux et humides, et les printemps frais, la rouille jaune est régulièrement présente en Angleterre. En France, et plus précisément au nord, elle est historiquement considérée comme occasionnelle. Sauf que cela tend à changer : depuis 2013, elle est régulièrement constatée de manière plus ou moins intense, soit depuis 7 printemps consécutifs : du jamais vu jusqu’alors !
Pourtant, les étés chauds de 2017 et 2018 lui étaient théoriquement très défavorables…théoriquement, car finalement elle était bien présente lors des printemps suivants.

De même, depuis 2 ou 3 ans, les régions du sud de la France constatent également le développement de cette maladie. C’est un fait complétement nouveau.

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Les tolérances variétales sous surveillance

 

Des variétés inscrites et observées très tolérantes lors de leurs premières années de culture telles que Filon ou Amboise sont soudainement devenues sensibles. D’autres variétés tolérantes telles que Chevignon ou Fructidor, commencent occasionnellement à présenter des symptômes.
C’est là qu’intervient la capacité d’adaptation de ce pathogène, au travers de nouvelles races de rouille jaune (warrior… ) : la maladie tend à s’adapter aux conditions qui lui sont défavorables comme des T°C élevées supérieures à 20°C, un rayonnement important ou une période de sècheresse prolongée. Ce qui n’était pas vrai avec les races présentes deux décennies plus tôt le devient aujourd’hui avec de nouvelles « versions » du pathogène.

Quelles sont les conséquences économiques ?

Au niveau d’une parcelle, les dégâts peuvent être très conséquents si la variété est sensible et la maladie non maitrisée : 40 à 50 % du rendement peuvent être perdus, sans parler de l’effet sur la qualité…

La rouille jaune occasionne rarement un traitement supplémentaire. Les programmes prévisionnels intègrent en général ce risque dès leur conception, sauf en 2014, où, étant donné la très forte pression, un traitement pour un coût d’environ 30 €/ha avait dû être réalisé dans les cas les plus infestés.
Au niveau macroéconomique, les années où la maladie est la plus présente, comme en 2014, les dégâts peuvent représenter jusqu’à 5 % de la collecte de blé de la coopérative.

Adapter les programmes de protection

Si la rouille jaune continue à se développer de cette manière, elle obligera les agriculteurs et les techniciens à adapter les programmes de lutte.
En effet, ceux-ci sont habituellement basés sur la maladie la plus fréquente, à savoir la septoriose. Or, cette maladie tend à être de moins en moins présente en reprise de végétation. Cela lié à une meilleure tolérance des variétés cultivées et à l’utilisation de modèles de prévision comme par exemple Avizio de Syngenta ®, qui permettent assez régulièrement de se passer du premier traitement.
La rouille jaune demande en général des interventions un peu plus précoces modifiant les habitudes et en partie les produits utilisés.
Le raisonnement du traitement intermédiaire pourrait également être bouleversé. S’il est aujourd’hui centré sur la septoriose, il pourrait être centré sur le complexe rouille jaune + septoriose, ne changeant pas forcement le stade mais le choix du fongicide utilisé en s’orientant vers des produits tels que Elatus Era.

Le service technique de Noriap travaille bien sûr à l’adaptation de ces programmes.

*piétin échaudage, piétin verse, oïdium, rouille jaune, rouille brune, septoriose, michrodochium nivale, fusarium graminearum

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